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EHX Canyon delay : le must have de 2018

miniature canyon ehx

Parmi les milliers de pédales d’effets présentes sur le marché, il arrive que certaines sortent vraiment du lot et apparaissent tout de suite comme indispensables.

C’est exactement la sensation que m’a procurée la EHX Canyon, un petit boitier qui ne paye pas de mine au premier abord mais qui embarque un concentré de technologie incroyable. Destinée avant tout aux delays, vous vous rendrez très vite compte que cette pédale vous offrira plus, beaucoup plus, énormément plus que de simples echos !

Look discutable, contenu irréprochable

L’EHX Canyon est une pédale de delay/looper numérique alimentée en 9v. Son look ne m’a pas vraiment emballé. Le blanc immaculé du boitier jure avec les coloris métallisés habituels et lui donne un aspect visuel un peu cheap à mon sens, mais c’est très subjectif.

Rassurez-vous, je ne parle ici que d’esthétique puisque la pédale est extrêmement bien finie. Format nano, alliage métal habituel d’EHX, potards et switch robustes : l’ensemble respire la fiabilité et semble tout à fait apte à résister aux assauts de ma pointure 45 fillette.

EHX Canyon pedale avis

En façade, on retrouve 4 potards principaux. Fx level permet de doser le mix entre signal dry (guitare seule) et wet (son traité par l’effet).

Le potard Delay contrôle la durée de l’écho sur une plage comprise entre 5ms et 3 secondes ; ce qui permet de couvrir n’importe quel usage.

Le Feedback gère quant-à lui le nombre de répétitions (de une à l’infini). Jusque là, c’est du grand classique.

La canyon étant une pédale numérique, il est impossible de la faire partir en auto-oscillation comme le permettrait un delay analogique. Même avec le feedback à fond, les répétitions resteront propres et sages. Ce n’est absolument pas un défaut mais il faut le savoir si vous recherchez ce type d’explorations sonores.

Cependant pas d’inquiétude, la pédale en a sous le capot concernant les expérimentations farfelues ; vous ne risquez pas d’être déçus à ce sujet !

EHX Canyon revue
Dommage que le potard de presets ne soit pas assez cranté. Par contre bonne nouvelle, pas de micro switchs fragiles et irréparables sur la canyon.

Le potard Preset permet de sélectionner le type d’echo ou d’effet. A l’usage, j’ai regretté qu’il ne soit pas mieux cranté ; on se retrouve souvent entre deux positions, sans être vraiment certain que le preset voulu est bien enclenché.

Par ailleurs, les nombreux effets et la sérigraphie minuscule ne rendent pas l’ensemble très pratique à utiliser debout ou en conditions live. Ce n’est pas optimal mais Electro Harmonix a fait le choix de la compacité ; ce compromis semble tout à fait cohérent et acceptable au vu des qualités intrinsèques de la pédale.

Le bouton Tap Divide a 2 usages. Pressé normalement, il permet de choisir entre trois subdivisions rythmiques différentes pour le delay : à la noire (LED rouge), à la croche pointée (LED jaune) et à la croche (LED verte). La présence de ces subdivisions est une vraie bénédiction pour les amateurs de sons syncopés et de patterns façon U2.

Avec un appui long, le Tap Divide enclenche l’édition du mode secondaire de chaque preset. Les potards de delay et de feedbcack changent alors de rôle et gèrent désormais différents paramètres en fonction des presets : profondeur de modulation, vitesse d’onde, seuil de déclenchement, génération d’octaves, … la liste est longue tant les possibilités sont nombreuses !

Grâce à la richesse des modes secondaires, vous pourrez très facilement transformer la canyon en pédale de chorus, synthé, oscillation et autres joyeusetés !

Cela vous demandera pas mal de temps avant d’en maîtriser toutes ses facettes et c’est justement ce qui est génial ! Rassurez-vous, le manuel est très détaillé et vous permettra de prendre en main la Canyon sans difficulté.

EHX Canyon test
La canyon est alimentée en 9v. L’effet n’est pas stereo, il dispose d’un input et d’un output mono standards.

Pour terminer, le switch semble tout à fait robuste. Il ne “clique” pas et se contente de générer un contact dans la pédale. Cela peut sembler déroutant à première vue mais on s’y fait extrêmement vite. Je l’ai trouvé précis et réactif, tout à fait adapté pour utiliser sans problème le looper et le tap tempo.

Parlons justement du tap tempo. Sa présence sur une pédale de ce tarif est très appréciable mais il est assez perturbant à l’usage. Il vous faudra en effet exercer plusieurs pressions d’affilée sur le switch au rythme voulu afin d’indiquer le tempo à la pédale (court-circuitant au passage le potard de delay).

Dans les faits, cela fonctionne très bien mais cela implique que la pédale va être allumée/éteinte plusieurs fois de suite. La LED va donc s’allumer, s’éteindre, s’allumer s’éteindre, puis clignoter en rythme….bref, il faut vérifier que le dernier clic allumera bien la pédale et on n’est jamais tout à fait sûr que le tempo voulu est bien pris en compte. On a donc souvent tendance à vérifier le clignotement led pendant quelques secondes, voire à répéter l’opération pour être tranquille.

Il n’y a rien de rédhibitoire mais on a déjà vu plus instinctif. Cela ne posera aucun problème pour un usage à la maison ou en répet mais cela peut être plus problématique en live.

EHX a eu la bonne idée d’intégrer une entrée pour un switch de tap tempo ; je vous conseille de vous en équiper si vous voulez régler votre delay au poil sans vous poser la moindre question.

EHX Canyon revue blog

Des effets en veux-tu en voilà

Avec la canyon, Electro Harmonix a fait un choix que je trouve judicieux : intégrer des fonctionnalités “premium” dans une pédale simple qu’on manipule à la volée.

Du coup, on peut faire une multitude de choses sans s’encombrer de réglages trop pointus. Impossible de régler un tempo précis , de gérer le decay de la reverb ou le glissando du shimmer mais cela n’est en aucun cas la prétention de la pédale.

Ici, on s’amuse à bidouiller les potards, à découvrir des sonorités exploitables immédiatement ou à créer une nappe sonore en une fraction de seconde ; la canyon a cet aspect très instinctif qui en fait sa plus grande force.

Au programme, on trouve donc 10 presets d’usine. Quand on voit toutes les possibilités offertes par les modes secondaires, le nombre de sonorités qu’on peut sortir de la pédale est bien supérieur. Voici une liste (non exhaustive) des sons de la Canyon :

ECHO : le mode standard qui génère des répétitions strictement identiques au signal d’origine. Seul le volume diminue au fur et à mesure. Cela donne un côté très droit et sec à l’effet (numérique quoi !). On aime ou pas, cela dépendra du style et de l’effet voulu, mais il fait très bien le job. Pas d’effet secondaire ici.

MOD : génère une ondulation dans les répétitions (qui fait penser à un lent mouvement de tige vibrato). Le mode secondaire permet de doser la vitesse et la profondeur de la modulation.

MULTI : identique à l’echo mais génère des répétitions à un volume sonore constant, ce qui donne une coupure très nette au son. Le mode secondaire permet de gérer une hausse de volume (le son de l’effet part de zéro et augmente à chaque répétition)

REVERSE : lit les phrases jouées à l’envers. Le mode secondaire permet de doser l’attaque dans les répétitions. En fonction des réglages, on arrive à sortir un son de reverb typé plaques très marqué. Ce mode laisse la part belle aux expérimentations de toutes sortes.

DMM : simule la Deluxe Memory Man, pédale de delay incontournable de la marque. Il s’agit ci d’une émulation de delay analogique dont le signal des répétions va se détériorer au fur et à mesure. Cela importe un côté beaucoup plus chaleureux et naturel à l’écho. Bien que la pédale soit numérique, j’ai trouvé l’effet très réussi.

Le mode secondaire permet de rajouter une modulation dont on règle la vitesse et la profondeur. En fonction des réglages, on obtient un joli chorus ou des vagues sonores complètement tordues.

EHX Canyon avis test
Le légendaire Deluxe Memory Man qui a inspiré le preset DMM de la Canyon

TAPE : simule un echo à bandes (en pleine agonie vu le son) avec une détérioration du signal des répétitions beaucoup plus importante qu’avec DMM. Cela rajoute essentiellement de la disto dans les echos.

J’ai trouvé ce preset trop caricatural par rapport au son d’un véritable écho à bandes mais très musical avec des belles possibilités à explorer. Le mode secondaire permet de piloter la quantité de distortion injectée et son oscillation.

VERB : simule une reverb. L’effet est assez réussi et bien qu’il ne remplace pas une pédale dédiée, il fera largement le job pour dépanner. Par contre attention, la reverb n’est pas cumulable avec un delay. Le mode secondaire permet de régler la longueur de la reverb ainsi qu’un filtre coupe-bas.

OCT : génère des répétitions octavées du grave vers l’aigu. Le mode secondaire permet d’injecter plus ou moins d’octaves graves ou aigus. Ce preset est une vraie réussite qui permet, en fonction des réglages, de doubler des notes à l’octave ou d’obtenir un son de synthé dans l’esprit des pédales Key9, Synth9 ou Mel9 de la marque. Ce serait dommage de se priver d’un tel effet intégré au delay quand on voit le prix des pédales précédemment citées (même si elles possèdent évidemment beaucoup plus de réglages).

SHIM : encore une excellente surprise que ce shimmer qui permet de générer des nappes sonores en toile de fond. L’effet est redoutable pour gonfler des arpèges et envahir le spectre sonore avec quelques notes bien senties. Il est même polyphonique et fonctionne avec des accords ! Le mode secondaire permet de filtrer les fréquences et la modulation.

pedale Neunaber Seraphim avis
La Neunaber Seraphim, une excellente pédale de shimmer coûte tout de même 250 euros…

S/H : Le preset Sample & Loop réagit à l’attaque. Au dessus d’un certain seuil d’attaque, la pédale boucle la phrase jouée. Tant que l’on joue en dessous de ce seuil, la boucle continue mais dès qu’il est dépassé, la pédale sample cette nouvelle phrase et efface l’ancienne. Le mode secondaire gère le volume des echos et la sensibilité du seuil d’enregistrement. Un preset peu instinctif mais intéressant et qui mérite d’être dompté !

Le looper : la cerise sur le gâteau

Les loopers intégrés sont désormais monnaie courante (amplis, multi-effets) mais ils restent souvent cantonnés au rang de gadget. Boucle de quelques secondes, pas de mémoire, pas d’overdubs, peu pratiques à utiliser ; les manquements sont généralement trop importants pour pouvoir les exploiter sérieusement.

Avec la canyon, j’ai été tout bonnement bluffé par la qualité du looper, dernier preset de la pédale. 1 minute de durée de loop, overdubs infinis, undo/redo, stop, erase,… c’est bien simple, tout y est !

J’ai trouvé le système extrêmement bien pensé et intuitif. Les 3 couleurs de la led permettent de garder le fil en toutes circonstances, le switch est très précis et EHX nous gratifie même de réglages avancés comme la gestion du nombre d’overdubs mémorisés. Encore mieux, la Canyon sauvegarde votre boucle, même une fois l’alimentation coupée !

Pour moi EHX réalise un sans faute avec ce looper, le Ditto de TC Electronic prend un sacré coup de vieux…

Du coup, difficile de rêver mieux. Enfin si, il aurait vraiment incroyable de pouvoir utiliser les delays et autres effets pour jouer par dessus une boucle mais là c’est un peu trop demandé. Pour cela, il faudra se tourner vers la Grand Canyon, plus complète, plus ergonomique…et forcément plus chère !

avis pedale Grand Canyon
Pour aller beaucoup plus loin, la Grand Canyon est un excellent choix.

Pourquoi acheter la Canyon ?

Vous l’aurez constaté, cette pédale est un véritable couteau suisse. Une quantité incroyable d’effets de spatialisation peuvent sortir de cette petite boîte, à condition de prendre le temps de la dompter.

Vendu actuellement entre 150 et 160 euros, elle permet d’obtenir des delays très convaincants mais elle possède également des effets (octaver, shimmer, looper) d’une qualité bluffante que je n’ai jamais vu réunis dans cette gamme de prix.

  • Si vous avez déjà un looper, prenez la pour les delays ; ils sont excellents.
  • Si vous avez déjà un delay, prenez la pour le looper ; il est excellent.
  • Si vous avez déjà un delay et un looper, prenez là pour l’octaver, le shimmer et le chorus ; ils sont excellents ! (Qui n’a pas déjà dépensé une petite fortune pour des pédales dédiées qui n’ont servi que trois fois et qui dorment au fond d’un placard ?)

Quel que soit votre situation, la Canyon saura vous bluffer pour son prix ! Et quel bonheur d’embarquer une seule petite pédale couteau suisse pour un jam improvisé ! Mon seul regret est de ne pas pouvoir cumuler looper et delay mais comment se plaindre à un tel tarif ?

Si vous recherchez un son pointu et des réglages au petits oignons, vous ne serez pas satisfaits par la Canyon et je vous conseille de vous tourner vers des pédales spécialisées.

Si par contre vous voulez un kit de spatialisation réglable à la volée, vous éclater 5 minutes avec un son d’orgue pour une intro, vous faire plaisir avec un petit shimmer le temps d’un couplet, dragouiller sur “Come as you are” grâce au chorus puis enchainer avec une loop en 2 coups de switch ; alors foncez l’essayer !

Commentaires

  • Admin bar avatar

    Je me la suis offerte il y a 8 mois maintenant, grâce à la vidéo de Thibaut ainsi que ses explications qui m’avaient fait envie ! Je ne regrette absolument pas et effectivement, la Canyon est un véritable couteau suisse permettant de s’éclater avec pleins d’effets au sein d’une même pédale pour un prix dérisoire compte tenu des nombreuses possibilités ! C’est une tuerie et en 8 mois, je n’ai pas encore tout exploité.
    Bref, l’essayer, c’est l’adopter ! Pour les amateurs de Delay, foncez !

  • Admin bar avatar

    Hello, merci pour ton message et ravi que tu sois content de ton achat !

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